Une équipe d’anciens dirigeants d’acteurs majeurs du financement d’infrastructures lance un nouveau fonds d’investissement panafricain visant à mobiliser près d’un milliard de dollars pour financer des projets d’infrastructures à fort impact sur le continent. Cette initiative, pilotée depuis Dakar (Sénégal), ambitionne de renforcer la capacité d’investissement autonome de l’Afrique, un pari encore rare dans un domaine dominé par des fonds gérés depuis l’extérieur du continent.
Le véhicule d’investissement, porté par des professionnels ayant notamment travaillé pour Meridiam et la plateforme panafricaine Africa50, s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à répondre à l’énorme déficit d’infrastructures du continent africain. Selon les promoteurs, le fonds ambitionne de lever un montant significatif (autour de 1 milliard de dollars) afin de financer des projets structurants dans des secteurs clés comme l’énergie, l’eau, les transports, ou encore les technologies de l’information et de la communication.
Un pari inédit d’ancrage africain
Ce projet se distingue par son ancrage africain, avec une gestion et une gouvernance basées directement à Dakar, plutôt que dans des centres financiers traditionnels d’Europe ou d’Amérique du Nord. Cette orientation répond à la volonté des promoteurs de rapprocher la prise de décision des réalités locales et de renforcer la capacité stratégique des économies africaines à orchestrer leurs propres financements.
Les initiateurs du fonds sont des cadres expérimentés issus d’institutions internationales et de sociétés spécialisées dans le financement d’actifs d’infrastructure. Parmi eux figurent d’anciens associés de Meridiam, une société française indépendante de gestion d’infrastructures présente depuis plusieurs années sur le continent africain, et d’Africa50, une plateforme d’investissement cofondée par la Banque africaine de développement et des États africains pour soutenir des projets à fort impact.
Les promoteurs expliquent que leur expérience combinée (mêlant expertise technique et financière) les place dans une position favorable pour structurer des opportunités d’investissement capables d’attirer non seulement des capitaux africains mais aussi des investisseurs internationaux. Leur ambition est de promouvoir une approche innovante d’investissement, intégrant à la fois des instruments de dette et de capitaux propres pour mieux répondre aux besoins variés des projets.
Quels objectifs ?
L’Afrique fait face à un déficit d’infrastructures majeur, estimé à des dizaines de milliards de dollars chaque année, notamment dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’eau et des télécommunications. Les promoteurs du nouveau fonds estiment que la combinaison de financement local avec des capitaux internationaux permettra de renforcer la bancabilité des projets et de répondre plus efficacement aux besoins de développement.
Le fonds vise notamment à combler des lacunes critiques en matière de mobilité, d’accès à l’énergie et de sécurité alimentaire, tout en stimulant la croissance économique et en créant des emplois à grande échelle. En se positionnant comme un acteur panafricain de premier plan, il cherche à encourager une plus grande participation d’investisseurs privés et institutionnels dans le secteur des infrastructures africaines, traditionnellement dominé par des financements publics ou multilatéraux.
Ce lancement marque une étape importante dans la structuration de marchés financiers africains plus autonomes et durables, reflétant une montée en puissance des acteurs locaux dans la mobilisation de capitaux pour le développement continental.





