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Les autorités tunisiennes ont officiellement lancé une phase décisive du projet de développement de la Sebkha Ben Ghayadha, en signant début décembre 2025 un contrat d’appui de l’État avec le consortium MAP/ARLYNK/PwC, pivot pour la réalisation de cette ambition urbaine à Mahdia.

Un projet ambitieux pour métamorphoser la lagune

Longtemps perçue comme une zone marginalisée, une lagune saumâtre devenue un marécage malodorant, la Sebkha Ben Ghayadha s’apprête à renaître en tant que cité moderne. Le projet prévoit le réaménagement de 142 hectares sur la côte sud de Mahdia, comprenant la reconversion de la lagune en une zone intégrée mêlant espaces urbains, touristiques, commerciaux et de services.
Selon la direction du dossier, 99,5 % du terrain appartient aujourd’hui à l’État, à la suite d’opérations de réhabilitation menées ces dernières années, ce qui rend possible le redéploiement de l’espace foncier.


L’objectif affiché : faire de Sebkha Ben Ghayadha un modèle de “ville intelligente”, respectueuse de l’environnement, durable et attractive pour les investisseurs, capable d’offrir de nouvelles opportunités économiques, touristiques, et des emplois directs et indirects.
En effet, le mercredi 2 décembre 2025, la signature du contrat a eu lieu au gouvernorat de Mahdia, en présence du ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Slah Zouari, du gouverneur de Mahdia, Anis Laadhari, du président de l’Instance Générale de Partenariat Public‑Privé (IGPPP), Atef Majdoub, ainsi que de la directrice générale de la Société d’Études et d’Aménagement de la Sebkha Ben Ghayadha, Hela Dessim Rahmouni.

Le consortium MAP/ARLYNK/PwC a été choisi pour piloter, sur une période d’environ 28 mois, les études préparatoires : études techniques, économiques, marketing territorial, identification d’investisseurs, contractualisation et assistance juridique jusqu’à la sélection finale d’un partenaire investisseur.

Un comité de pilotage sera par ailleurs mis en place, chargé de coordonner les différentes étapes, de veiller à la conformité des études, d’assurer la transparence et d’orienter le projet vers les meilleures opportunités d’investissement.

Un projet à enjeux multiples

Le projet de la Sebkha Ben Ghayadha incarne une vision très large : il vise non seulement à purifier et stabiliser un espace écologique dégradé, mais aussi à créer un nouveau point d’attraction sur le littoral méditerranéen tunisien. Ce développement urbain, pensé comme “intelligent”, doit concilier modernité, confort, durabilité, et intégration socio-économique.


Les autorités locales et nationales misent sur ce projet pour renforcer l’attractivité de Mahdia, stimuler l’économie régionale et nationale, et offrir de nouveaux débouchés en matière de tourisme, de services, de commerce, mais aussi d’investissements privés.
Pour la responsable du projet, Hela Dessim Rahmouni, il s’agit de transformer un espace délaissé en “ville modèle”, tout en maximisant la valeur ajoutée pour l’économie tunisienne et en offrant des opportunités durables pour les habitants.

Selon les informations disponibles, les études préparatoires lancées par l’État, avec l’appui d’un bureau d’études, avaient démarré dès 2025, avec un appel à manifestation d’intérêt programmé pour avril 2026, en vue de sélectionner des investisseurs finaux. L’objectif était d’engager les travaux de réaménagement dès 2027, sous réserve de la bonne avancée des phases de planification et d’investissement.

Avec la signature de ce contrat d’appui, le projet entre maintenant dans sa phase décisive, ce qui laisse espérer une accélération concrète des travaux dans les mois à venir.

A cet égard, le projet de Sebkha Ben Ghayadha apparaît aujourd’hui comme l’un des grands chantiers structurants pour la région de Mahdia, mais aussi pour la Tunisie. Si tout se déroule comme prévu, il pourra : offrir une nouvelle dynamique de développement urbain, touristique et économique à Mahdia, valoriser un foncier jusque-là marginalisé, générer des emplois et attirer des investisseurs, donner un exemple de partenariat public‑privé réussi et contribuer à l’amélioration de la qualité de vie et à la diversification de l’économie locale.

Néanmoins, l’ampleur des ambitions exige rigueur, transparence et un suivi efficace, notamment par le comité de pilotage annoncé. L’enjeu est autant local que national : bâtir un modèle de développement urbain durable, capable de concilier modernité, environnement et bien-être des citoyens.

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