Le gouvernement britannique a officiellement retenu le plan d’expansion de Heathrow Airport Limited (HAL) pour la construction d’une troisième piste traversant l’autoroute M25, relançant ainsi l’un des projets d’infrastructure les plus débattus du pays. La décision, annoncée par la secrétaire aux Transports, Heidi Alexander, marque un tournant dans le long processus d’extension de l’aéroport londonien, avec pour objectif d’accroître sa capacité et de renforcer sa position de hub international.
Le projet retenu prévoit la construction d’une piste de *3 500 m *, nécessitant le déplacement et le passage en tunnel d’une section de l’autoroute M25 sous la nouvelle piste. Le coût global du schéma est estimé à environ 49 milliards de livres sterling, incluant l’infrastructure runway, un nouveau terminal et la modernisation des installations existantes. L’ensemble sera financé par des capitaux privés, sans apport direct du contribuable, selon Heathrow.

Le gouvernement a rejeté un plan concurrent présenté par le promoteur immobilier Surinder Arora, qui proposait une piste plus courte et moins coûteuse évitant le tracé de la M25. Après une évaluation, l’exécutif a jugé que le plan de Heathrow était plus “crédible et réalisable”, offrant une meilleure capacité long terme et respectant les critères de livraison dans le calendrier visé.
La nomination de ce schéma comme référence pour la révision du Airports National Policy Statement (ANPS) relance formellement le processus de planification réglementaire. Cette révision doit être soumise à consultation publique d’ici l’été 2026, avec une décision de permis de construire (Development Consent Order) attendue avant la fin de la législature actuelle, potentiellement vers 2029. Si ces étapes sont bouclées, les premières opérations sur la nouvelle piste pourraient commencer autour de 2035.
Les partisans du projet affirment que l’extension de Heathrow apportera des bénéfices économiques substantiels, renforcera la connectivité internationale du Royaume-Uni et soutiendra des milliers d’emplois. Cependant, des critiques persistent sur le coût, les répercussions sur les riverains, avec des centaines de maisons devant être acquises, et les défis environnementaux, notamment en matière de bruit, de qualité de l’air et d’objectifs climatiques.
La décision d’aujourd’hui ne constitue pas encore une autorisation de construction définitive : la piste et les infrastructures associées ne pourront être construites qu’une fois le cadre réglementaire (ANPS) finalisé et les permis requis obtenus, après des consultations approfondies et des évaluations environnementales.





