Une pénurie mondiale persistante de pièces détachées pour avions continue de peser lourdement sur l’industrie aéronautique et affecte de manière disproportionnée les compagnies aériennes africaines, entraînant immobilisations d’appareils, retards de vols et annulations. Cette crise d’approvisionnement, causée par des goulets d’étranglement dans la chaîne mondiale de production et de maintenance, pourrait coûter plus de 11 milliards de dollars à l’industrie du transport aérien en 2025, selon une analyse de l’Association internationale du transport aérien (IATA).
Des transporteurs africains tels que Uganda Airlines, Kenya Airways, Air Sénégal et RwandAir ont vu au moins un de leurs avions rester au sol faute de pièces de rechange disponibles, affectant leurs opérations quotidiennes et leur capacité à répondre à la demande croissante des passagers.
Impact concret sur les compagnies africaines
La pénurie mondiale de pièces détachées ne touche pas seulement l’Afrique, mais elle y a un impact plus sévère en raison de la dépendance élevée des compagnies africaines aux fournisseurs extérieurs pour l’entretien, la réparation et la révision (MRO). En l’absence d’une infrastructure de maintenance locale largement développée, les appareils doivent souvent être envoyés en Europe, au Moyen‑Orient ou en Asie pour être entretenus ou réparés, ce qui allonge les délais d’immobilisation en période de rareté de pièces.
Ces retards de distribution ne concernent pas seulement des composants mineurs, mais aussi des éléments critiques comme des moteurs et des éléments structuraux d’aéronefs. L’effet combiné de la pénurie de pièces, des retards de production d’avions et de la forte demande mondiale crée une pression significative sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement aéronautique.
La situation s’accompagne d’un impact financier notable : l’IATA estime que l’industrie pourrait enregistrer des pertes dépassant 11 milliards de dollars en 2025 à cause des retards de production et des contraintes d’approvisionnement. Ces coûts comprennent notamment l’exploitation prolongée d’appareils plus anciens, des surcoûts de maintenance et la location d’avions et de moteurs en attendant les pièces nécessaires.
Pour les compagnies africaines, ces défis se conjuguent à des coûts d’exploitation plus élevés, à des taxes et redevances souvent supérieures à la moyenne mondiale, à un prix du carburant plus élevé sur le continent et à un accès limité au financement international, ce qui rend l’environnement encore plus difficile.
Conséquences pour l’avenir du transport aérien en Afrique
Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement menacent également la croissance du secteur du tourisme et des voyages d’affaires en Afrique, suscitant des inquiétudes quant à la fiabilité des services et la compétitivité des compagnies locales face à des concurrents mondiaux mieux équipés pour absorber les chocs d’approvisionnement.
Pour faire face à ces défis structurels, certaines initiatives régionales, telles que l’expansion de capacités de maintenance locales ou des partenariats renforcés pour l’approvisionnement en pièces, sont à l’étude. Cependant, la résolution de la crise des chaînes d’approvisionnement pourrait prendre plusieurs années, et ses effets continueront d’influencer le marché aérien africain bien après 2026.





