Le C919, l’avion de ligne de fabrication chinoise développé par COMAC, a été récemment soumis à des vols d’essai par des pilotes de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) à l’aéroport de Shanghai Pudong, marquant une étape cruciale dans le processus de certification internationale de l’appareil. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de COMAC de rendre le C919 éligible à l’exploitation sur les marchés occidentaux et, plus largement, à l’échelle mondiale.
Ces vols, réalisés en novembre dernier, ont permis à l’EASA d’évaluer la sécurité, la performance et la conformité réglementaire de l’avion. Selon le rapport publié, les retours des pilotes sont globalement positifs, bien que certains ajustements techniques restent à apporter pour répondre aux standards européens rigoureux. Cette étape intervient après plusieurs retards dans le processus de certification, liés notamment aux exigences strictes de l’aviation européenne et aux ajustements nécessaires pour adapter l’avion aux normes internationales.
La certification par l’EASA est un levier stratégique pour COMAC, car elle permettrait au C919 de pénétrer les marchés internationaux, notamment en Europe, où les exigences de sécurité et de régulation sont parmi les plus strictes au monde. Jusqu’à présent, l’avion a été exploité principalement sur le marché domestique chinois, mais la reconnaissance européenne pourrait ouvrir la voie à des contrats d’exportation importants, offrant une alternative aux avions produits par Boeing et Airbus.
Au-delà de la certification européenne, ces vols d’essai constituent également une preuve de maturité technologique pour l’industrie aéronautique chinoise. Le C919, conçu pour concurrencer le segment des avions monocouloirs moyen-courriers, intègre des technologies modernes pour optimiser la consommation de carburant et améliorer l’expérience passager. La connectivité à bord et les systèmes numériques embarqués figurent parmi les innovations majeures qui distinguent le C919 dans un marché très compétitif.
Cependant, les analystes soulignent que le processus de certification pourrait encore prendre plusieurs années, car l’EASA applique un protocole d’évaluation extrêmement détaillé. La réussite de ces tests représente donc une étape symbolique et stratégique, mais non définitive, dans l’objectif de faire du C919 un acteur majeur du transport aérien mondial.





